Les recommandations
Services aux publics
Consolider le système d’information sur la délinquance
Afin de mesurer notamment la victimation et le taux de dépôt de plainte ou encore les préoccupations de la population en matière de sécurité et les opinions vis-à-vis de l’action des forces de sécurité, le Conseil recommande de poursuivre l’élaboration d’enquêtes thématiques spécifiques (inédites ou périodiques) en complément du questionnaire socle de l’enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité » (VRS). Il encourage par ailleurs l’enrichissement du système d’information sur la délinquance à l’aide d’appariements entre sources administratives ou avec des données d’enquêtes de victimation et en explorant et fiabilisant l’utilisation de nouvelles sources de données
Les avancées sur le sujet
La commission Services publics et services aux publics prend acte du travail entrepris par les producteurs de la statistique publique pour enrichir la connaissance en matière de délinquance. L’enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS) occupe une place centrale dans le dispositif de la statistique publique, en fournissant notamment des informations au niveau départemental. Chaque année un module complémentaire éclaire une thématique particulière, par exemple celle sur la cybervictimation prévue en 2026, contribuant à compléter un tableau des faits et ressentis de la délinquance.
La commission encourage la mise à disposition des données produites au monde de la recherche, notamment issues des appariements de nombreuses données administratives individuelles s’appuyant sur le code statistique non signifiant qui complètent les données d’enquête. Elles permettront de produire dès 2025 des premières analyses sur les atteintes à l’encontre des élus ou sur les contentieux des violences conjugales, depuis le dépôt de plainte en police ou gendarmerie jusqu’à la décision de justice et son exécution
Des zones d’ombre perdurent néanmoins, notamment concernant la connaissance des effectifs des acteurs de la sécurité et de la justice, de leurs conditions d’emploi et de travail, des trajectoires des personnes suivies après la mise en œuvre de mesures du type travaux d’intérêt général ou détention à domicile sous surveillance électronique. Les données existent mais sont gérées par des systèmes d’information non interconnectés. La commission préconise d’expertiser ces données et de les intégrer dans l’offre statistique. L’objectif est de permettre l’évaluation de l’ensemble de la politique publique en matière de lutte contre la délinquance, au travers notamment de la mesure de la récidive et de la réinsertion.
La commission demande à être tenue informée des premiers résultats issus des nouveaux outils tels que le panel des jeunes en prise avec la justice, et le rapprochement au niveau individuel des données de sécurité intérieure et de justice
Consolider les données sur les conditions de travail du personnel de services publics
Le Conseil considère qu’il est nécessaire de progresser dans la connaissance des conditions de travail et d’activité du personnel des services publics et de leurs conséquences sur la qualité de service et leur évolution. De manière plus large, il s’agira d’évaluer l’attractivité des services publics en termes d’emploi, de rémunération et d’activité, en regard de la légitimité qu’on accorde aux personnels des services publics, de la reconnaissance de leurs missions et du sens que ces personnels donnent à leur travail. Le Conseil encourage à cette fin la poursuite d’enquêtes, ainsi que la mobilisation et les appariements des sources administratives.
Les avancées sur le sujet
Les comparaisons avec le secteur privé se limitent souvent à un niveau agrégé par groupe social ou par décile, du fait de l’absence d’une nomenclature de métiers commune.
Par ailleurs, la qualité des remontées administratives sur les recrutements dans la fonction publique comme indicateur d’attractivité (concours, plateforme d’annonce, postes vacants) est parfois insuffisante pour établir des statistiques fiables et comparables dans le temps, notamment s’agissant de la fonction publique hospitalière.
Enfin, l’analyse des « sorties » de la fonction publique, temporaires ou définitives, est insuffisamment documentée, alors que les passages entre public et privé sont aujourd’hui plus fréquents. La commission encourage l’accès à des données de source RH à des fins de statistique publique et de recherche.
La commission encourage les services à progresser dans la production d’une nomenclature commune des métiers et des fonctions incluant tous les salariés du public comme du privé.
L’analyse des « sorties » de la fonction publique, temporaires ou définitives, est insuffisamment documentée, alors que les passages entre public et privé sont aujourd’hui plus fréquents. La commission encourage l’accès à des données de source RH à des fins de statistique publique et de recherche. La commission souhaite que l’accent soit davantage mis sur une meilleure connaissance des sorties de la fonction publique (démission, ruptures conventionnelles, mobilités vers le privé, fin de carrière…) et de leurs motivations, conditions nécessaires pour analyser les parcours professionnels dans leur diversité. La commission suivra avec intérêt les résultats de l’enquête sur l’attractivité du métier d’enseignant dans les établissements d’éducation prioritaire.
Évaluer les inégalités de santé en lien avec l’offre et la qualité du système de santé
Le Conseil réitère l’importance de développer l’information sur les inégalités, en particulier en matière de santé. Il soutient les travaux visant à une meilleure connaissance des conditions d’accès et de recours aux soins et des inégalités sociales et territoriales en la matière : information disponible, accessibilité, mais aussi qualité des services rendus (dont délais d’attente) et coût. Il s’agira en particulier d’exploiter les données existantes qui permettent d’évaluer la capacité du système de santé dans toutes ses dimensions (hôpital, médecine de ville, professionnels de santé, secteur médico-social) à répondre aux besoins des habitants
Les avancées sur le sujet
La commission Services publics et services aux publics a pris connaissance des avancées du système d’information sur la santé et l’accès aux soins. La mesure des inégalités sociales et territoriales dans le domaine de la santé, par nature multidimensionnelles, nécessite une batterie d’indicateurs. Pour les produire, des échantillons de grande taille sont mobilisés dans les enquêtes (enquête européenne de santé, Autonomie, Conditions de vie, Conditions de travail, etc.), des données administratives relatives à des épisodes de soins sont analysées et le recours à des panels (Echantillon démographique permanent, cohortes de la recherche en santé publique…) nécessaire pour appréhender les conséquences à long terme des expositions et des comportements sur la santé observée à un moment donné. Les autorités sanitaires sont responsables de la mesure et de l’évaluation de la sécurité et de la qualité des soins ; la recherche en épidémiologie est soit analytique, lorsqu’elle recherche les déterminants d’une maladie, ou évaluative lorsqu’elle se penche notamment sur le bénéfice-risque ; la statistique publique a quant à elle un rôle essentiel de description de l’offre de soin, de mesure des tensions sur les ressources humaines en santé, mais aussi de prospective en menant des exercices de projection de la démographie des professions de santé. Elle s’efforce de mettre en face de l’offre de soin les besoins de santé de la population présente sur les territoires, dans sa diversité, pour analyser l’accès et le recours aux soins, estimer le reste des dépenses à la charge des patients. La commission salue les travaux réalisés ou en cours pour exploiter les données administratives rassemblées au sein du Système national des données de santé (SNDS) et pour les apparier avec des enquêtes statistiques permettant ainsi d’observer les inégalités sociales et territoriales de santé dans plusieurs dimensions : difficultés d’accès (accessibilité potentielle localisée, distance, temps d’accès, délais d’attente, refus de soin), non-recours aux soins ou renoncement pour raisons financières, consommation de soins (hôpital, médecine de ville, médico-social, médicaments…), facteurs de risque, état de santé perçu et ressenti des patients…
La commission recommande la mise à disposition à des fins de recherche des appariements entre le Système national des données de santé (SNDS) et les enquêtes statistiques afin d’observer les inégalités sociales et territoriales de santé dans plusieurs dimensions : difficultés d’accès (accessibilité potentielle localisée, distance, temps d’accès, délais d’attente, refus de soin), non-recours aux soins ou renoncement pour raisons financières, consommation de soins (hôpital, médecine de ville, médico-social, médicaments…), facteurs de risque, état de santé perçu et ressenti des patients…
Elle encourage les acteurs du champ de la santé à développer la qualité statistique de leurs outils, en coordination avec le service statistique public, afin de couvrir toutes les dimensions des inégalités de santé. Elle recommande de développer les partenariats pour que les données produites permettent une évaluation plus précise des politiques menées et des éclairages renouvelés.
Elle encourage aussi la production d’indicateurs de qualité du service rendu aux patients et de diffusion des recommandations dans la population, à l’aide de baromètres subjectifs (comme ceux de Santé publique France ou de la Drees) mais aussi de mesures plus objectives suivies dans le temps. La commission incite enfin les producteurs à expertiser le recours à des données privées pour éclairer certaines dimensions de l’accès aux soins.
Suivre les trajectoires des jeunes en prise avec la justice
Le CNIS encourage les travaux relatifs au suivi des trajectoires des jeunes en prise avec la justice. Il recommande la pérennisation du panel des jeunes en prise avec la justice et un élargissement progressif de son périmètre par des appariements visant à l’enrichir et à compléter la connaissance des parcours (données d’éducation, de santé, d’emploi, de l’aide sociale à l’enfance, etc.). Ces travaux viseront à étudier les trajectoires de ces jeunes avant d’être en prise avec la justice et, après la réponse pénale, le suivi de leur trajectoire.
Consolider le système d’information relatif au parcours pénal des personnes
En vue d’améliorer la qualité des indicateurs de suivi et la connaissance des parcours individuels depuis les premiers signalements jusqu’à la décision de justice et son exécution, le Conseil soutient les travaux de suivi du parcours pénal des personnes via notamment l’appariement de données entre le SSM Justice et le SSM Sécurité intérieure. Il prend note des avancées réalisées en matière de rapprochement des données entre les deux SSM. Il encourage la poursuite de l’exploration de l’utilisation de l’identifiant unique pour chaque procédure/affaire (identifiant justice : IDJ) pour la mise en place facilitée d’un système de suivi des procédures/affaires pénales, des victimes et des mis en cause.
Observer les inégalités d’accès aux services publics
Le Conseil encourage la poursuite des travaux visant à une meilleure connaissance des conditions d’accès aux services publics dans leurs différentes composantes : accès géographique, capacités à accomplir des démarches administratives dans le contexte de leur dématérialisation (littératie, illectronisme…), renoncement pour des raisons financières (d’accès à la santé, à l’éducation, à la prise en charge des personnes âgées ou en situation de handicap…), inadéquation de l’offre aux besoins, discriminations potentielles… Il soutient également la poursuite des travaux sur le non- recours aux droits sociaux et leur élargissement à des dimensions encore peu explorées telles que le non-recours à certains services publics.
Définir des indicateurs de qualité des services publics (du point de vue des usagers)
Le Conseil prend acte de la multiplicité et de l’hétérogénéité des données ou baromètres sur la qualité des services publics. Il réaffirme l’importance qu’il attache à ce que la statistique publique s’empare de cette question pour clarifier les concepts et identifier les indicateurs adaptés. Le conseil encourage la mise en place d’une large concertation autour de ce sujet.
Les anciennes recommandations
Retrouvez l'ensemble des recommandations passées. Vous pourrez consulter les résultats du rapport ainsi que l'historique des discussions.
Comment améliorer les statistiques des services publics locaux
Référence :Nouvelle fenêtreAvis du moyen terme 2024-2028
Le Conseil souligne la nécessité de mieux prendre en compte la dimension territoriale dans les dispositifs afin de mieux cerner la question des inégalités territoriales. Il encourage l’amélioration des remontées d’information émanant des services publics locaux sur les dispositifs tels que l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), l’accompagnement des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), l’aide sociale à l’hébergement, l’aide sociale à l’enfance, la restauration scolaire et universitaire, etc. Cette amélioration portera en particulier sur la complétude de l’information et l’harmonisation des informations remontant des différents services publics locaux,
Les avancées sur le sujet
Référence :Nouvelle fenêtreServices publics et Services aux publics – 2025 – 2ème réunion
La commission a examiné les dispositifs de suivi statistique des services publics locaux dans le domaine de l’action sociale et de l’éducation. Une première source est celle des comptes des collectivités locales qui permettent de suivre annuellement, au niveau des territoires, leurs dépenses d’éducation ainsi que les allocations qu’elles versent dans le domaine des solidarités, grâce à un cadre comptable unifié identifiant les dépenses par fonction. Ce cadre présente néanmoins plusieurs limites, tant sur le champ des dépenses couvertes, que sur la connaissance des publics destinataires.
Le Conseil a pris connaissance des pistes identifiées pour parfaire la mesure des dépenses d’éducation des petites communes (enrichissement du cadre comptable / enquête ad hoc) et, pour toutes les communes, des dépenses vers les écoles privées. Il salue par ailleurs le projet d’enquête auprès des établissements scolaires sur le bâti et les conditions d’accueil des élèves et des personnels
Référence :Nouvelle fenêtreServices publics et Services aux publics – 2025 – 2ème réunion
Le Conseil a mesuré l’étendue du dispositif statistique, qui complète l’approche budgétaire pour suivre les politiques de solidarité : en matière d’aide sociale, les enquêtes auprès des départements, des établissements et services médico-sociaux qui accompagnent différents publics (personnes âgées, en difficulté sociale, handicapées, ou mineurs ou jeunes adultes en protection de l’enfance), ou en matière d’action sociale, la ré-édition d’une enquête inédite ad hoc auprès des communes et des EPCI. Il salue particulièrement les travaux d’exploitation des dispositifs de remontées individuelles de données de bénéficiaires issues des logiciels de gestion des conseils départementaux, après un gros travail de concertation ; il encourage la poursuite de ces travaux d’appariement qui permettent d’enrichir la connaissance des parcours et des trajectoires individuelles et d’alléger la charge de collecte pour les collectivités