Les recommandations
Démographie et société
Suivre les inégalités de revenus et de patrimoine
Le Conseil salue les travaux menés par l’Insee sur la production de comptes distribués de revenus des ménages et de ceux de la Banque de France visant à produire des comptes distribués de patrimoine. Ces travaux donnent une vision globale du caractère redistributif du système de transferts et une approche exhaustive de la redistribution. Il demande d’inscrire ces résultats dans une perspective temporelle. 10 Conseil national de l’information statistique Avis du moyen terme 2024-2028 adoptés par l’Assemblée plénière du 23 janvier 2024 Plus largement, le Conseil recommande de poursuivre et d’approfondir les travaux de mesure des inégalités de revenus et de patrimoine tant au niveau du ménage que des individus, de leur évolution et des liens entre ces deux dimensions. Le Conseil préconise de mener des travaux méthodologiques afin d’examiner la pertinence d’indicateurs de richesse monétaires et non monétaires, qui seraient les pendants des indicateurs de pauvreté
Les avancées sur le sujet
La commission souligne que, si la statistique publique offrait déjà une mesure du revenu et du patrimoine détenus par l’ensemble des ménages et une appréhension des inégalités au sein de la population, ces travaux sont désormais complétés par ceux des nouveaux comptes annuels dits distributionnels, qu’il s’agisse des revenus ou des actifs. Ceux-ci permettent de détailler la répartition de ces ressources à l’intérieur de la population, mettant en évidence les écarts entre groupes de ménages, en mobilisant des concepts et agrégats cohérents avec ceux de la comptabilité nationale. À l’échelle européenne, leur production s’appuie sur un cadre méthodologique harmonisé garantissant la comparabilité des résultats entre pays et assurant ainsi une cohérence d’ensemble dans les méthodes utilisées. La commission salue également la pertinence des nouveaux travaux sur les caractéristiques des ménages cumulant un haut patrimoine et un haut niveau de vie, qui représentent 5,3 % des ménages et ceux sur l’évolution relative des revenus des foyers les plus aisés. Si les foyers cumulant revenus et patrimoines très élevés correspondent largement à l’appréciation statistique et à la perception par l’opinion (exprimée dans les baromètres et enquêtes) d’une situation de richesse, par opposition directe à celle de pauvreté, il apparaît encore difficile de déterminer un indicateur et un seuil évident parmi l’ensemble des foyers qui marqueraient l’entrée dans cette situation d’aisance particulièrement marquée en termes de conditions de vie et notamment de logement, de consommation et d’équipement en biens divers. La commission reconnaît l’apport de ces différents travaux en lien avec l’avis de moyen terme numéro 4 : en premier lieu, ils permettent l’analyse de l’effet redistributif des services publics, des prestations monétaires et des prélèvements. En second lieu, ils fournissent un éclairage renforcé sur les inégalités économiques en améliorant la connaissance des situations en haut de l’échelle des revenus et de patrimoine. La commission estime que, grâce à ces travaux, l’analyse de la concentration du patrimoine et des revenus devient plus complète et plus nuancée, soutenant une meilleure compréhension des dynamiques économiques et sociales au sein de la société
Identifier des indicateurs pertinents pour qualifier les situations de richesse monétaires et non monétaires, comme cela existe en matière de pauvreté. A cette fin, la commission propose que soit tenu au premier semestre 2026, sous l’égide du Cnis, un atelier méthodologique ouvert à toutes les parties concernées afin d’examiner la pertinence des mesures et indicateurs existants en France et dans d’autres pays, et ceux qui pourraient être développés à terme
La commission encourage par ailleurs les travaux visant à exploiter des données administratives pour mieux décrire les disparités de patrimoine, à l’instar de la construction de la base de la propriété foncière qui permet désormais par exemple de décrire plus finement la multipropriété immobilière, y compris au niveau territorial. Elle souligne l’intérêt de parvenir à individualiser les détentions de patrimoine au sein des ménages en couple.
Elle encourage également la mise à disposition des données, dans les meilleures conditions d’accès, aux chercheurs et encourage ceux-ci à valoriser les nombreuses sources fournies par le service statistique public, notamment pour affiner l’état des lieux comme l’analyse du patrimoine selon le cycle de vie.
Mieux appréhender les liens entre l’inflation et l’évolution des modes de vie et de consommation des ménages
La hausse des prix de l’alimentation, du logement ou des transports affecte différemment les ménages, notamment en fonction de leur composition, leur localisation mais également de leur niveau de vie, leur âge et mode de vie. Le Conseil préconise d’éclairer comment le choc d’inflation constaté depuis 2021 se distribue en fonction des différentes catégories de ménages et comment les ménages arbitrent face à ce choc (renoncements, déplacements de consommation, évolution du recours à l’aide alimentaire…). Le Conseil recommande de documenter l’évolution des modes de consommation des ménages, en lien avec la transformation numérique (ventes en ligne, achats à l’international, services de plateformes d’intermédiation, surcroît d’activité, désépargne, endettement…) et l’évolution des normes environnementales, ainsi que leur incidence sur l’indice des prix à la consommation. Le Conseil recommande que les instruments de mesure de l’inflation et du coût de la vie soient évoqués en amont et à l’occasion du passage pour avis d’opportunité de l’enquête sur les prix à la consommation
Les avancées sur le sujet
Le choc d’inflation constaté depuis 2021 a fortement affecté le pouvoir d’achat des ménages, mais aussi leur mode de consommation, différemment en fonction de leur niveau de vie, leur composition, leur localisation mais également leur âge et mode de vie. Ainsi, les ménages avec enfants déclarent plus fréquemment que les autres avoir modifié leurs habitudes de consommation pour faire des économies : réduire leur consommation, changer de gamme de produits. Le HCFEA a fait le constat d’une importante perte cumulée de pouvoir d’achat des familles depuis avril 2021, du fait du mécanisme de revalorisation à date fixe en fonction de l’inflation constatée les 12 derniers mois et non d’indexation en temps réel. La commission a pris connaissance de travaux réalisés par l’Insee pour documenter ces évolutions et, à l’occasion du changement de base de l’indice des prix à la consommation, mieux couvrir la consommation en accroissant le nombre de relevés sur internet, mais aussi, dans la durée, utiliser davantage de nouvelles sources : web scraping/moissonnage dans l’hôtellerie, extension du champ des données de caisse. Les travaux en cours visent également à mieux mesurer certains produits (contrats en cours d’énergie, d’assurance, de téléphonie…). Les agrégats et le détail des séries d’indice des prix (IPC et IPCH), ainsi que leurs pondérations, sont diffusés. Des outils accessibles à un large public sont mis à disposition pour simuler un indice personnalisé ou réviser une pension, un loyer, un bail ou un contrat, consulter le prix moyen d’un produit ou service
Pour mieux répondre aux attentes des utilisateurs et assurer une transparence plus complète sur les choix de méthode, la commission encourage l’Insee dans son projet de rénover la documentation sur l’indice des prix et en particulier de diffuser une documentation de synthèse régulièrement mise à jour (usage des référentiels pour les données de caisse, ampleur des remplacements, ajustements qualité…).
La commission encourage à approfondir la question de la prise en compte des loyers dans l’indice de prix. Elle soutient les travaux qui permettront. d’enrichir l’analyse de phénomènes socioéconomiques (Shrinkflation/réduflation, approches par catégorie de ménages) et de produire des statistiques localisées sur les prix à la consommation (nouvelle enquête de comparaison spatiale des prix en 2028, exploitation des données de caisse de manière localisée)
La commission recommande aussi de développer des travaux permettant d’estimer l’impact de la transformation numérique et de la transition écologique sur les modes de consommation et, au-delà, sur la mesure de l’évolution des prix.
Poursuivre l’amélioration de la connaissance sur la transmission intergénérationnelle des inégalités
Le Conseil salue les travaux menés sur la transmission intergénérationnelle des inégalités sociales dans le domaine des revenus et de l’éducation et juge important de les approfondir. Il demande de les élargir à d’autres types d’inégalités (santé, culture, loisirs, sport, patrimoine…) et de les documenter dans différentes dimensions, y compris celle du genre
Les avancées sur le sujet
La commission Démographie et questions sociales a pris connaissance des travaux récents sur la transmission inter générationnelle des inégalités sociales dans plusieurs de leurs dimensions (revenu, patrimoine, mais aussi parcours scolaire et professionnel, pratique du sport, activités culturelles et de loisir, etc.). Ces travaux reposent sur des enquêtes européennes, telles que Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV) permettant de comparer la situation des adultes à celle qu’ils connaissaient lorsqu’ils avaient 14 ans (documentant le type de ménage, l’environnement familial, les privations) ou Histoire de vie et patrimoine qui recense les transferts entre générations (donations, héritages et aides reçues ou versées), mais aussi sur des panels, tels l’Échantillon démographique permanent (EDP), basé sur le recensement et différentes sources administratives avec une profondeur temporelle croissante. Les études conduites à partir de ces données fournissent des éclairages nouveaux. Par exemple, les enfants de familles aisées ont trois fois plus de chance que ceux issus de familles modeste de faire partie des ménages les plus aisés. Il n’en demeure pas moins que les revenus des parents sont loin de déterminer entièrement ceux de leurs enfants, et que 12 % des enfants de familles les plus modestes sont, à l’âge adulte, parmi les plus aisés de leur classe d’âge. Mesurée à l’aune de ces outils statistiques, la mobilité sociale est moyenne en France lorsqu’on la compare à celle de ses partenaires, plus forte que la mobilité perçue, et d’autant plus forte que l’on est un homme, que l’on a des parents aisés, que l’on est diplômé, ou issu d’une famille mobile géographiquement pendant l’enfance, etc. Le champ de ces études a aussi été élargi à d’autres dimensions qu’il s’agisse de la pratique du sport, des loisirs (singulièrement les vacances), ou des activités culturelles. Tous ces domaines concourent à la transmission des inégalités. Ainsi, le fait d’avoir des parents sportifs influence aussi fortement la manière dont les collégiens font du sport (pratique soutenue et encadrée). Les pratiques culturelles évoluent, suivant les évolutions technologiques, mais les inégalités sociales perdurent et certaines se renforcent (accès aux musées, expositions). Vouloir améliorer l’accès et la participation à la vie culturelle suppose de comprendre les effets qu’exercent des différentes instances de socialisation culturelle tout au long de la vie (famille, école, médias…). La commission salue les travaux permettant de répondre aux enjeux de mesure de la mobilité sociale et d’identification des facteurs associés à la reproduction des inégalités entre générations, notamment pour mieux éclairer les politiques en faveur d’une plus grande mobilité sociale
La commission encourage les nouvelles approches intégrant notamment des caractéristiques liées au milieu dans lequel on a grandi, tels que le patrimoine, le rang dans la fratrie ou le niveau d’éducation des parents, qui influence la réussite scolaire de leurs enfants, dont on sait qu’elle constitue un phénomène protecteur de la pauvreté à l’âge adulte. La commission souhaite la poursuite et le développement de l’observation statistique auprès des adultes mais aussi des enfants sur un large éventail de pratiques susceptibles de reproduire les inégalités entre générations.
La commission recommande de poursuivre les travaux sur les liens entre inégalités de patrimoine et de revenus dans la reproduction des inégalités, thème qui pourra être abordé dans le cadre de l’avis n° 4 du moyen terme de la commission : « Suivre les inégalités de revenus et de patrimoine »
Mieux prendre en compte les besoins sociaux en matière de statistiques de santé et renforcer la coordination entre producteurs pour y répondre
La crise sanitaire a renforcé le besoin de disposer de données fiables, rapides et cohérentes sur l’état de santé de la population et l’offre de soins. Constatant plus généralement la difficulté des utilisateurs à appréhender l’ensemble des informations produites par les différents acteurs de la statistique publique, de la recherche épidémiologique ou d’autres administrations et leur articulation, le Conseil lancera, à l’issue de l’exercice d’état des lieux mené par le Système Statistique Européen, une concertation spécifique ou un groupe de travail, en vue de préciser le rôle de la statistique publique en matière de coordination des statistiques de santé, d’augmenter la visibilité des données existantes, de cerner les besoins statistiques insuffisamment couverts et de faire des propositions pour y répondre.
Les avancées sur le sujet
L’intercommission a permis de larges temps d’échanges organisés autour de deux table rondes, la première avec les grands services producteurs qui ont présenté les évolutions de leurs programmes pluriannuels d’enquêtes et des bases de données disponibles, la seconde avec des parties prenantes utilisatrices qui ont pu exprimer leurs attentes. Elle a salué les progrès réalisés récemment dans la production d’indicateurs statistiques sur l’état de santé de la population, en lien avec les conditions de vie, de travail et les comportements aux différents âges. Elle encourage la poursuite des panels ou cohortes, seuls à même de fournir une vision dynamique des parcours de vie, ainsi que les dispositifs reposant sur des appariements de grande envergure (tant du point de vue du nombre d’observations que de celui des thématiques couvertes). L’intercommission mesure les efforts réalisés pour mettre à disposition ces indicateurs et ces données dans des formats appropriés aux différents utilisateurs, à des échelles territoriales différentes, dans des délais raccourcis, avec une profondeur temporelle croissante et dans un cadre sécurisé s’agissant de données personnelles de santé, considérées comme sensibles par la Cnil. Elle se félicite que la définition d’une stratégie sur les données de santé soit en cours d’élaboration, avec le lancement d’une consultation publique cet automne, de même que la poursuite des démarches conduites par l’Autorité de la statistique publique pour la qualification de données d’intérêt général sur un périmètre élargi.
L’intercommission a entendu les besoins s’exprimer concernant notamment la mise à disposition de données plus finement localisées en matière d’état de santé de la population et de l’offre de soin, sur l’évolution des affections psychologiques et psychiatriques en lien avec les conditions de travail, sur la progression des cancers de populations exposées à des produits toxiques. Les préoccupations qui se sont exprimées ont porté notamment sur la santé des enfants scolarisés, celle des personnes en situation de handicap, ou de grande précarité, demandeurs d’asile, sans-abri, ou encore sur des thématiques à forts enjeux de santé publique : alimentation, activités physiques, mais aussi exposition aux risques professionnels, organisations de travail et environnements psychosociaux, ou encore exposition à des polluants, au bruit, aux catastrophes naturelles, au changement climatique, avec pour objectif d’adapter les politiques de prévention et de promotion de la santé. L’intercommission a noté la mise en place d’observatoires soit par les pouvoirs publics (observatoire national du suicide) soit par les associations de patients, comme celui portant sur le diabète en vue d’étudier la qualité de vie des patients atteints de ces maladies.
La question de la généralisation des registres de cancer dans chaque département, au vu de l’hétérogénéité sociale très importante entre départements, a été abordée. De même, l’abandon des registres de mésothéliome a été questionné, même si un programme national piloté par Santé publique France produit de nombreuses données de recherche pour évaluer les expositions non seulement professionnelles mais aussi domestiques.
L’intercommission constate que certaines questions relèvent avant tout de la surveillance sanitaire, de l’épidémiologie et de la recherche médicale, tandis que d’autres sont au coeur du champ de la statistique publique.
Afin de suivre l’évolution de l’offre d’information en réponse aux besoins qui relèvent de la statistique publique, le Cnis réunira l’ensemble des parties prenantes (utilisateurs, producteurs des différentes sources et experts du domaine de la santé) de nouveau d’ici juin 2026.
Les débats ont clairement mis en évidence les forts enjeux de coordination pour produire et rendre accessible l’information fiable et de qualité dont les parties prenantes ont besoin dans l’exercice de leurs missions, ainsi que pour la bonne information des citoyens.
L’inter-commission encourage la réalisation de plusieurs projets d’enrichissement ou d’appariement du SNDS : l’extension de son champ à l’organisation des professionnels de santé et à leurs conditions d’exercice pour rendre accessibles ces données essentielles pour suivre et piloter l’offre de soins ; l’appariement entre les données de l’Assurance maladie obligatoire et les données de l’Assurance maladie complémentaire, pour estimer correctement le poids des dépenses de santé, pour les patients et pour la société ; l’appariement de l’enquête Conditions de travail avec le SNDS pour mieux décrire les liens entre secteurs d’activité, environnement de travail et problèmes de santé.
Plusieurs des thématiques évoquées (connaissance des inégalités sociales de santé, des difficultés d’accès aux soins, du lien entre santé et environnement) feront l’objet de discussions et d’avis dans le cadre des avis inscrits au Moyen terme 2024-2028 des commissions permanentes du Cnis.
Observer l’impact de la transition écologique sur le comportement des ménages et leurs conditions de vie
La transition écologique a et aura des répercussions sur les modes de vie des ménages. Le Conseil souhaite disposer des informations statistiques nécessaires pour mieux éclairer le lien entre la transition écologique et les comportements des ménages et des individus qui les composent au travers de leur consommation, pratiques culturelles et de loisir, choix résidentiels et sur leurs conditions de vie en général. Il recommande également d’éclairer le coût et les bénéfices de la transition écologique pour les ménages.
Mieux mesurer les conditions de vie et les revenus des jeunes
Les mutations et crises qui affectent la société dans son ensemble ont des répercussions particulières sur les conditions de vie des jeunes. Dans ce contexte, de nombreuses parties prenantes souhaitent que la statistique publique consolide son système d’information afin de développer et de mettre à jour les connaissances relatives aux conditions de vie et trajectoires des jeunes adultes dans différentes dimensions : situation d’activité, ressources, pauvreté, inscription des jeunes dans la société, santé physique et mentale, modes de vie, situation familiale, exposition aux violences sexistes et sexuelles, etc. Le Conseil recommande de mieux représenter les jeunes, notamment étudiants ou vivant en résidences, dans les sources statistiques.
Observer les conditions de vie des seniors et l’adaptation de la société au vieillissement de la population
Dans un contexte de vieillissement de la population, le Conseil souligne l’importance de mieux observer les conditions de vie des seniors, leurs ressources, leur patrimoine, leur état de santé ainsi que les aides dont ils bénéficient. Le Conseil recommande de tirer le meilleur parti des nombreuses sources existantes, y compris hors du champ de la statistique publique, qui permettent d’éclairer les conditions de vie des seniors et d’actualiser régulièrement les statistiques disponibles. Il préconise que le champ des enquêtes soit élargi à la population des personnes âgées en institution afin, notamment, de suivre les trajectoires résidentielles des seniors. Le Conseil juge essentiel de pouvoir estimer les conséquences du vieillissement de la population sur la société, et, à partir des informations existantes, d’identifier de quelles manières l’appareil statistique doit être complété pour fournir un diagnostic complet sur cette question.
Éclairer le phénomène de la maltraitance sur les personnes vulnérables
Selon la loi du 7 février 2022, la maltraitance vise « toute personne en situation de vulnérabilité lorsqu’un geste, une parole, une action ou un défaut d’action compromet ou porte atteinte à son développement, à ses droits, à ses besoins fondamentaux ou à sa santé et que cette atteinte intervient dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d’accompagnement ». Prenant acte de la multiplicité des acteurs et des sources pouvant éclairer cette problématique, le Conseil préconise de réaliser un état des lieux des sources existantes pour repérer les différents types de maltraitance, leur fréquence et gravité selon les catégories de victimes et d’auteurs. Le Conseil invite les différents acteurs à engager une concertation pour définir les données nécessaires au suivi de la maltraitance.
Faire progresser la connaissance des proches aidants et de leur contribution à l’accompagnement des personnes vulnérables
Le vieillissement de la population attire l’attention sur la situation des proches aidants, qu’ils s’occupent de personnes âgées ou de personnes en situation de handicap. Le Conseil salue les travaux de la statistique publique et les travaux académiques qui donnent un éclairage sur cette population évaluée à plus de 9 millions de personnes et dont les perspectives d’évolution des effectifs sont incertaines. Le Conseil souhaite que les parties prenantes coordonnent leurs efforts pour apporter des éléments statistiques à une meilleure connaissance des proches aidants : niveau de sollicitation des proches aidants, typologie d’aidants, nature du lien familial à l’aidé, situation professionnelle, problèmes rencontrés… ainsi qu’à l’évaluation de leur contribution (en termes physiques, psychologiques et financiers) à l’accompagnement des personnes vulnérables et son évolution dans le temps. Familles
Développer la connaissance sur l’évolution des familles
Le Conseil souhaite que soient réunies les informations nécessaires pour identifier, mesurer et éclairer les évolutions en cours des familles : connaissance des couples de même sexe, comportements d’union, de cohabitation, de fécondité et d’organisation du travail au sein des couples, etc. Le Conseil recommande de s’appuyer sur les nouveaux dispositifs et d’apparier les différentes sources de données existantes pour enrichir le suivi longitudinal des familles (notamment à la suite d’une naissance ou d’une adoption, d’une rupture ou d’une évolution de la situation à l’emploi) et mieux estimer l’impact des événements de vie sur les différents membres de la famille, en particulier sur les enfants. Le Conseil demande de rétablir l’exhaustivité des statistiques relatives aux divorces à la suite de la mise en place du divorce sans juge et d’améliorer la connaissance sur les ruptures de Pacs et en matière de garde d’enfants à la suite d’une séparation
Les anciennes recommandations
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