Avis du Cnis
Intérêt général Du 01/01/2025
au 31/12/2028
Date de l'avis : 26/11/2024
Organe d'avis : Commission Démographie et questions sociales
Intérêt général
Dernière mise à jour :
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Intérêt général Du 01/01/2025
au 31/12/2028
Date de l'avis : 26/11/2024
Organe d'avis : Commission Démographie et questions sociales
Conformité Du 01/01/2025
au 31/12/2028
Date d'examen : 19/03/2025
Commission d’examen : Ménages
Étude Longitudinale par Internet Pour les Sciences Sociales (ELIPSS)
Institut d'études politiques de Paris (SciencesPo)
Périodicité Mensuelle
Unité enquêtée Individu ou Ménages
Champ géographique France métropolitaine
Le champ de l’enquête est composé de l’ensemble des individus résidant en ménage ordinaire en France métropolitaine, âgés de 18 ans et plus, lisant suffisamment le français pour répondre à des questionnaires auto-administrés et acceptant de faire partie du panel. La participation de l’individu sera actée par l’acceptation des conditions de participation au panel et du traitement des données mis en place par le CDSP (Centre de Données Socio-Politiques).
Non
L’objectif premier du panel ELIPSS est de mettre à disposition un outil de collecte de données à des fins de recherche scientifique ou statistique. Cet outil peut également se prêter à diverses expérimentations d’enquête en population générale. Toute finalité commerciale en est exclue.
Il poursuit un second objectif, celui de la mise à disposition des données produites à la communauté de recherche.
Le panel ELIPSS est un dispositif d’enquêtes transversales ou longitudinales qui vise à compléter – par des projets scientifiques – ou permettre le développement de nouveaux moyens d’enquêtes des institutions publiques. Il permet de mener des enquêtes sur des sujets non couverts par les enquêtes de la statistique publique, d’expérimenter pour cette dernière des questionnaires innovants, cela à travers notamment son échantillonnage aléatoire et sa dimension longitudinale.
Parmi les sujets non-traités par la statistique publique couverts par ELIPSS, les opinions politiques et sociales ont une place importante : en effet, les questionnaires administrés depuis 2012 ont porté sur de nombreuses questions d’opinion, telles que la politique, l’environnement, les représentations de l’État ou encore l’attitude face aux formes conjugales alternatives. Un autre thème d’enquête propre à ELIPSS est centré sur les pratiques numériques des répondant·e·s, s’inscrivant ainsi dans le prolongement des enquêtes Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) de l’INSEE.
Un autre aspect important du dispositif est de permettre des expérimentations au niveau du mode de collecte. En effet, dans la perspective de favoriser la passation de questionnaires en ligne plutôt qu’en face-à-face ou par téléphone, l’expérience acquise avec le panel ELIPSS est déterminante, tant du point de vue du design d’enquête que du suivi d’un panel en ligne.
Il s’agit de collecter des données individuelles grâce à des questionnaires auto-administrés. Le suivi des panélistes dans le temps permet, outre d’importantes économies de moyens, la constitution d’une variété de données difficiles à collecter autrement. Notons enfin que l’appariement de ces données individuelles issues d’enquêtes successives est strictement encadré (voir le point sur les utilisateurs).
L’Étude Longitudinale par Internet Pour les Sciences Sociales (ELIPSS) est un panel mis en place en 2012 dans le cadre de l’EquipEx DIME-SHS afin d’étudier l’évolution des comportements, des situations et des opinions dans la société française.
ELIPSS repose sur un échantillon de la population française métropolitaine âgée de 18 ans et plus. Ce panel a été constitué en plusieurs phases.
En 2012 et 2016, un échantillon initial a été tiré aléatoirement par l’INSEE dans les données du recensement puis exploité principalement en face-à-face.
En 2020, l’échantillon d’individus a été tiré, toujours aléatoirement, par l’INSEE dans la base de référence des données fiscales. Cette nouvelle vague de recrutement a été initiée en face-à-face, puis, en raison des conditions sanitaires liées à la propagation de la Covid19, s’est terminée en multi-modes (avec l’utilisation combinée de courriers, courriels et appels téléphoniques). Elle a permis d’ajouter 900 personnes au panel ELIPSS, pour atteindre au total 2 300 participant·e·s au 1er février 2021.
Le dernier rafraîchissement du panel s’est clos en mai 2023, répondant à ses deux objectifs principaux : augmenter la taille du panel et améliorer la représentativité notamment en termes d’âge. En octobre 2024, le panel total est composé de 2 200 participant·e·s et la faible représentation des plus jeunes est désormais corrigée.
Les 2 200 personnes qui composent l’échantillon sont invitées à participer chaque mois à une nouvelle enquête disponible en général pendant 4 semaines. L’invitation est désormais (depuis la fin de l’EquipEx) envoyée par e-mail et prend la forme d’un lien à cliquer. Les panélistes complètent le questionnaire via le support numérique de leur choix (ordinateur, tablette, smartphone). Un protocole de relances par mail et par téléphone est établi pour l’ensemble des terrains, celui-ci pouvant être adapté en fonction du taux de réponse en cours d’enquête. En moyenne, le taux de réponse à chaque enquête est de l’ordre de 80 %. On peut noter que la participation est également encouragée par l’attribution ponctuelle et non conditionnelle de gratifications matérielles aux panélistes, la plupart du temps sous la forme de bons-cadeaux.
Aucune extension géographique n’est prévue.
Les premier·e·s utilisateur·rice·s du dispositif sont les chercheur·e·s associé·e·s aux projets de recherche (les « coproducteur·e·s »). Au cours de ses sept premières années d’existence – qui correspondent à la période DIME-SHS -, ELIPSS a compté 42 équipes utilisatrices « primaires » (pour 72 projets déposés et plus de 375 personnes impliquées), c’est-à-dire participant à la collecte et présentant des projets de questionnaire. Les membres de ces dernières ont ensuite pu bénéficier des données post-produites et pseudonymisées pour leurs recherches et l’ensemble de ces jeux de données ont été mis à disposition de l’ensemble de la communauté académique à partir du portail Quetelet PROGEDO Diffusion, et désormais à travers la plateforme data.sciencespo. Depuis la mise en place d’un nouveau modèle à partir de 2020, près d’une cinquantaine de projets supplémentaires ont fait l’objet d’une administration d’enquête auprès du panel.
Ce dispositif ouvert à l’ensemble de la communauté scientifique a permis d’accompagner de nombreux programmes de recherche originaux. Au global, le catalogue de données du CDSP est composé d’environ 120 jeux de données disponibles portant sur un spectre très large de disciplines en sciences sociales majoritairement en sociologie et science politique, mais aussi en économie, en psychologie ou encore en linguistique, etc. Ce succès auprès des équipes productrices confirme l’attractivité du panel et son rôle important pour la recherche en sciences sociales.
Par ailleurs, le dispositif ELIPSS a été présenté par l’équipe à de nombreuses reprises depuis 2013, dans de grands instituts français (Insee, Ined, CEREQ, etc.), dans des séminaires (Société française de statistique, Association française de science politique, Université de Lausanne, Université de Mannheim, etc.), dans des conférences en France et à l’étranger (conférence internationale des utilisateurs de Blaise, colloque francophone des sondages, European Survey Research Association – ESRA, European Sociological Association – ESA, Association française de sociologie – AFS, Webdatanet, Journée de méthodologie statistique de l’Insee, World Association for Public Opinion Research – WAPOR, European Congress of Methodology, etc.).
À cela s’ajoutent les nombreuses présentations des chercheur·e·s ayant réalisé une enquête grâce au panel ELIPSS ou ayant ré-utilisé ses données : on peut en particulier citer les deux ateliers consacrés à l’instrument DIME-Quanti à l’occasion des dix ans du CDSP, le colloque DIME-SHS de septembre 2018 ou encore la journée d’études “ELIPSS : 10 ans de production de données pour la recherche en sciences sociales” en juin 2023. Par ailleurs, on recense plus d’une centaine de publications mobilisant des données produites dans le cadre du panel ELIPSS (articles, ouvrages, parties d’ouvrages et rapports), aussi bien thématiques que méthodologiques.
L’un des résultats phare du dispositif est la parution en mai 2021 d’un ouvrage consacré à ELIPSS : «Un panel français. L’Étude longitudinale par internet pour les sciences sociales (ELIPSS)». Celui-ci mobilise à lui seul douze enquêtes réalisées dans le cadre du panel. Cette publication est aujourd’hui complétée par l’article «Construire un dispositif d’enquêtes longitudinales pour la recherche en sciences sociales : le panel ELIPSS» dans le numéro 74-1 de L’Année sociologique.
En plus de ces résultats scientifiques salués par la communauté de recherche, le dispositif ELIPSS a permis de mettre en place au sein du Centre de Données Socio-Politiques une expertise très largement reconnue et sollicitée en production d’enquêtes et suivi d’un panel longitudinal.
La dernière large consultation scientifique a été organisée en novembre 2019, afin de réaménager le questionnaire de l’Enquête annuelle, enquête phare du dispositif visant en particulier à recueillir les informations socio-démographiques des panélistes. Plusieurs représentant·e·s des partenaires sociaux ont été invité·e·s à prendre part à cette consultation et nous ont fourni leurs observations.
Grâce à cette consultation, le questionnaire de l’Enquête annuelle a été largement mis à jour en 2021, afin de mieux suivre les bonnes pratiques et de se conformer aux attentes des partenaires sociaux et besoins de la communauté de recherche.
Un complément à cette consultation a été organisé auprès du Comité scientifique et technique du CDSP en novembre 2023, ce qui a permis d’apporter quelques modifications et améliorations au questionnaire.
Depuis 2020, la comitologie du panel ELIPSS repose sur le Comité scientifique et technique du CDSP. Celui-ci, qui représente l’accompagnement scientifique majeur du panel ELIPSS, propose un suivi des missions régulières du CDSP et vise tant à étoffer les expertises que peut mobiliser le CDSP qu’à asseoir la légitimation de ses choix.
Par ailleurs, l’équipe ELIPSS s’est chaque fois appuyée sur les commentaires et retours du Comité du label pour améliorer le panel et sa méthodologie.
Des partenariats ont été réalisés avec diverses institutions publiques, telles que Santé Publique France, l’Ademe ou l’Insee par exemple, avec la volonté dans le futur de poursuivre ces collaborations. Une série de partenariats plus longs est visée, par exemple avec le volet français de l’International Social Survey Program (ISSP) ou encore concernant un projet ANR commun avec le Cesdip sur les questions de sécurité et de victimation qui prendra forme pour 5 ans dès début 2025 : LANACI (Longitudinal Analysis of Crime and Insecurity). Par ailleurs, les utilisateur·rice·s du dispositif viennent d’institutions variées.
Depuis 2020, la comitologie du panel ELIPSS s’appuie sur celle du CDSP, en particulier son Comité scientifique et technique. Celui-ci, qui représente l’accompagnement scientifique majeur du panel ELIPSS, propose un suivi des missions régulières du CDSP et vise tant à étoffer les expertises que peut mobiliser le CDSP qu’à asseoir la légitimation de ses choix. Ainsi, le CST du CDSP a pour missions :
La composition du CST au printemps 2022 était la suivante :
Ce CST est en cours de renouvellement en prévision d’une prochaine réunion au printemps 2025.
Les différents volets de l’Enquête annuelle, administrée chaque année, portent sur les caractéristiques socio-démographiques de l’individu et du ménage, le travail et la formation, le logement et le quartier de résidence, les revenus et le patrimoine, la sociabilité et les loisirs, la religion, la politique, la santé, les habitude de vie et les pratiques numériques.
Cette enquête collecte chaque année un ensemble d’informations socio-démographiques en vue de leur actualisation régulière ; une partie de ces variables est appariée aux jeux de données produits dans le cadre du panel.
Pour les autres enquêtes administrées au panel, les thèmes abordés seront ceux des projets qui seront retenus par l’équipe ELIPSS, avec la participation du Comité scientifique et technique du CDSP et des avis extérieurs complémentaires si cela est jugé nécessaire. Aucune thématique n’est a priori écartée et aucune démarche commerciale ne peut être associée au panel. L’appariement des informations du panel avec d’autres données extérieures (fiscales, santé, etc.) est exclu, au-delà des données disponibles dans la base de sondage.
La période de collecte prévue pour l’enquête de recrutement est de septembre à décembre 2025. À la suite de l’inclusion dans le panel, les enquêtes sont administrées mensuellement (à l’exception du mois d’août et du terrain d’enquête réservé à l’Enquête annuelle).
Le mode de collecte est un questionnaire à compléter par Internet (Computer-Aided Web Interview) sur l’appareil du ou de la répondant·e. Depuis 2020, les panélistes répondent aux différentes enquêtes avec leur propre matériel via un lien personnel envoyé par e-mail.
Le CDSP assurera les collectes mensuelles prévue dans le dispositif. L’enquête de recrutement sera prise en charge par un prestataire extérieur (marché public).
Malgré les contraintes certaines qu’engendre le dispositif prévu pour les panélistes, l’expérience ELIPSS montre que la constitution d’un panel de ce type est possible et qu’elle présente des garanties solides.
Pour les panélistes, la charge de 20 minutes en moyenne par mois de questionnaire dont le contenu n’est pas connu à l’avance et dont les thèmes sont très divers, est importante, sans compter que l’accumulation de données personnelles au fil du temps peut susciter des craintes. Par ailleurs, il est prévu de poser des questions sensibles sur les comportements politiques ou les opinions, par exemple. Pour minimiser autant que possible les biais de sélection et l’attrition, l’établissement d’une relation de confiance est fondamentale. Différentes méthodes pour limiter l’attrition seront en outre mises en œuvre. Sur la période 2012-2019, ces incitations et encouragements à la réponse étaient de quatre types : publication de synthèses grand public, mise à disposition d’une tablette et d’un abonnement Internet 4G individuel, relances individuelles par courrier et téléphone. Depuis 2020, la tablette tactile et l’abonnement Internet mobile ne sont plus fournis aux panélistes. Ces derniers répondent aux différentes enquêtes avec leur propre matériel via un lien personnel envoyé par e-mail. Une compensation des panélistes, avec la distribution ponctuelle de chèques cadeaux, a été mise en place afin de minimiser le taux d’attrition du panel. Par ailleurs, les panélistes reçoivent une newsletter trimestrielle.
Afin d’alléger la charge des répondant·e·s, les questionnaires peuvent être complétés en plusieurs fois et sur des supports différents. Un tronc commun comportant les principales caractéristiques socio-démographiques est administré annuellement pour éviter la répétition de ces questions à chaque enquête. Plusieurs relances sont prévues.
Par ailleurs, le rôle de gestionnaire du panel est indispensable dans le bon fonctionnement du dispositif.
Les gestionnaires du panel sont l’interface de communication auprès des panélistes pour – entre autres – faciliter l’intégration des personnes recrutées au sein du panel et répondre à toutes leurs questions, par mail ou via une permanence téléphonique tout au long de leur participation. Les gestionnaires de panel veillent aussi au suivi du terrain et assurent la relance (téléphonique et par courrier) des panélistes non répondant·e·s afin d’optimiser les taux de réponses et participer à limiter l’attrition du panel.
Enfin, les commentaires libres de fin d’enquête permettent d’évaluer la perception des enquêté·e·s et d’ajuster les formulations à venir des questionnaires proposés.
Ces différents aspects ont permis d’atténuer les contraintes pour les enquêté·e·s, et ainsi d’observer un faible niveau d’attrition couplé à des taux de réponses élevés. En mars 2019, une enquête auprès des panélistes sur leur participation à ELIPSS avait révélé que 95% étaient satisfaits ou très satisfaits du panel, et illustrent les rapports privilégiés des participants au panel.
Afin d’assurer la qualité de l’échantillon, ce dernier sera tiré au sein de la base Fidéli, qui a l’avantage d’être individuelle et donc de permettre de s’adresser directement à la personne figurant dans le fichier.
Par ailleurs, le plan de sondage prévoit à nouveau de corriger certains biais du panel par un sur échantillonnage des plus jeunes par exemple.
Des recrutements complémentaires afin de pallier l’attrition et assurer la représentativité transversale de l’échantillon sont envisagés tous les deux ans (sous réserve de disposer de financements suffisants). Enfin, un système de pondérations sera calculé afin de permettre des estimations, tant transversales que longitudinales.
| Type | Diffusé | Date prévue après milésime | Commentaires |
|---|---|---|---|
| Résultats statistiques | Non | La première enquête (Enquête annuelle) administrée au nouvel échantillon aura lieu en janvier-février 2026. |
Dernière mise à jour :
Retrouver plus d'information sur le cheminement d'une enquête sur cette page
Intérêt général Du 01/01/2020
au 31/12/2024
Date de l'avis : 06/06/2019
Organe d'avis : Commission Démographie et questions sociales
Conformité Du 01/01/2022
au 31/12/2024
Date d'examen : 29/06/2022, 27/09/2019
Commission d’examen : Ménages
Étude Longitudinale par Internet Pour les Sciences Sociales (ELIPSS) (Tirage d'échantillon) (2022)
Institut d'études politiques de Paris (SciencesPo)
Périodicité Mensuelle
Unité enquêtée Individu ou Ménages
Champ géographique France métropolitaine
Le champ de l’enquête est composé de l’ensemble des individus résidant en ménage ordinaire en France métropolitaine, âgés de 18 ans et plus, lisant suffisamment le français pour répondre à des questionnaires auto-administrés et acceptant de faire partie du panel. La participation de l’individu sera actée par l’acceptation des conditions de participation au panel et du traitement des données mises en place par le CDSP (Centre de Données Socio-Politiques).
Non
L’objectif premier du panel ELIPSS est de mettre à disposition un outil de collecte de données à des fins de recherche scientifique ou statistique. Cet outil se prêtera par exemple à diverses expérimentations d’enquête en population générale. Toute finalité commerciale en est exclue.
Il poursuit un second objectif, celui de la mise à disposition des données produites à la communauté de recherche.
Le panel ELIPSS est un dispositif d’enquêtes transversales ou longitudinales qui vise à compléter – par des projets scientifiques – ou permettre le développement de nouveaux moyens d’enquêtes des institutions publiques. Il permettra de mener des enquêtes sur des sujets non couverts par les enquêtes de la statistique publique, d’expérimenter pour cette dernière des questionnaires innovants, cela à travers notamment son échantillonnage aléatoire et sa dimension longitudinale.
Parmi les sujets non-traités par la statistique publique couverts par ELIPSS, les opinions politiques et sociales ont une place importante : en effet, les questionnaires administrés depuis 2012 ont porté sur de nombreuses questions d’opinion, telles que la politique, l’environnement, les représentations de l’État ou encore l’attitude face aux formes conjugales alternatives. Un autre thème d’enquête propre à ELIPSS est centré sur les pratiques numériques des répondants, s’inscrivant ainsi dans le prolongement des enquêtes Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) de l’INSEE.
À cet égard, ELIPSS devrait permettre de prolonger et généraliser l’œuvre entreprise au cours de DIME-SHS. Un autre aspect important du dispositif est de permettre des expérimentations au niveau du mode de collecte. En effet, dans la perspective de favoriser la passation de questionnaires en ligne plutôt qu’en face-à-face ou par téléphone, l’expérience acquise avec le panel ELIPSS est déterminante, tant du point de vue du design d’enquête que du suivi d’un panel en ligne.
Comme lors du précédent panel, il s’agira de collecter des données individuelles grâce à des questionnaires auto-administrés. Le suivi des panélistes dans le temps permet, outre d’importantes économies de moyens, la constitution d’une variété de données difficiles à collecter autrement. Notons enfin que l’appariement de ces données individuelles issues d’enquêtes successives est strictement encadré (voir le point sur les utilisateurs).
Le panel ELIPSS (Étude Longitudinale par Internet Pour les Sciences Sociales) a été mis en place en 2012 à la suite d’un financement de l’ANR dans le cadre de l’Equipex DIME-SHS (Données Infrastructures et Méthodes d’Enquête en Sciences Humaines et Sociales). C’est un dispositif d’enquêtes par Internet destiné à la communauté scientifique. L’objectif initial du projet était de permettre aux chercheurs de mener des enquêtes, notamment des enquêtes longitudinales, qui sont très coûteuses et donc généralement hors d’atteinte de la recherche académique en sciences humaines et sociales. Il s’agit d’un panel Internet sur échantillon probabiliste de la population résidant en France métropolitaine. À son origine, il avait la particularité d’équiper les participants d’une tablette et d’une connexion. La participation au panel consistait à répondre à une enquête inférieure à 30 minutes chaque mois.
Ainsi, pour la phase pilote du dispositif ELIPSS, un premier échantillon constitué de 1 000 panélistes avait été recruté en 2012. En 2016, un nouveau recrutement a été mené et 2 500 nouveaux panélistes ont rejoint le dispositif. Avec les 800 panélistes restants de l’étude pilote, le panel ELIPSS comptait donc 3 300 individus dans le cadre du panel élargi. Ces 2 premiers recrutements, en 2012 et en 2016, ont été réalisés sur la base d’échantillons de ménages issus des bases de données du recensement.
Un troisième recrutement a été réalisé en 2020. L’échantillon fourni par l’INSEE est cette fois-ci composé d’individus : le tirage a été fait à partir de la base Fidéli (fichiers démographiques sur les logements et les individus). Son exploitation, dans le contexte Covid en multimode, avec des conditions sanitaires et sociales difficiles, a donné lieu au recrutement de près de 900 nouveaux panélistes.
L’exécution de ce troisième recrutement a coïncidé avec la fin du financement par l’ANR et l’évolution du modèle économique d’ELIPSS. Désormais les équipes de recherche participent à une partie du budget de fonctionnement du dispositif. Par ailleurs, au regard de la forte évolution des niveaux d’équipement des ménages, la tablette tactile et l’abonnement Internet mobile ne sont plus fournis aux panélistes. Ces derniers répondent aux différentes enquêtes avec leur propre matériel via un lien personnel envoyé par e-mail. Une compensation des panélistes, avec la distribution ponctuelle de chèques cadeaux, a été mise en place afin de minimiser le taux d’attrition du panel.
Aucune extension géographique n’est prévue.
Les premiers utilisateurs du dispositif sont les chercheurs associés aux projets de recherche (les « coproducteurs »). Au cours de ses sept premières années d’existence qui correspond à la période DIME-SHS, ELIPSS a compté 42 équipes utilisatrices « primaires » (pour 72 projets déposés et plus de 375 personnes impliquées), c’est-à-dire participant à la collecte et présentant des projets de questionnaire. Les membres de ces dernières ont ensuite pu bénéficier des données post-produites et pseudonymisées pour leurs recherches. Ainsi sur cette période, plus de 70 terrains d’enquête ont été réalisés et plus de 80 jeux de données ELIPSS ont déjà été mis à disposition de l’ensemble de la communauté académique à partir du portail Quetelet PROGEDO Diffusion, et désormais à travers la plateforme data.sciencespo. Ce dispositif gratuit et ouvert à l’ensemble de la communauté scientifique a permis d’accompagner de nombreux programmes de recherche originaux.
Depuis le dernier renouvellement du panel achevé en 2020 et la mise en place d’un nouveau modèle, plus d’une vingtaine d’enquêtes ont été administrées au panel. Ce qui fait qu’au global depuis décembre 2012, plus de 100 terrains d’enquête ont été conduits, portant sur un spectre très large de disciplines en sciences sociales majoritairement en sociologie et science politique, mais aussi en économie, en psychologie ou encore en linguistique, etc. Ce succès auprès des équipes productrices confirme l’attractivité du panel et son rôle important pour la recherche en sciences sociales.
Par ailleurs, le dispositif ELIPSS a été présenté par l’équipe à de nombreuses reprises depuis 2013, dans de grands instituts français (Insee, Ined, CEREQ, etc.), dans des séminaires (Société française de statistique, Association française de science politique, Université de Lausanne, Université de Mannheim, etc.), dans des conférences en France et à l’étranger (conférence internationale des utilisateurs de Blaise, colloque francophone des sondages, European Survey Research Association – ESRA, European Sociological Association – ESA, Association française de sociologie – AFS, Webdatanet, Journée de méthodologie statistique de l’Insee, World Association for Public Opinion Research – WAPOR, European Congress of Methodology, etc.). À cela s’ajoutent les nombreuses présentations des chercheurs ayant réalisé une enquête grâce au panel ELIPSS ou ayant réutilisé ses données : on peut en particulier citer les deux ateliers consacrés à l’instrument DIME-Quanti à l’occasion des dix ans du CDSP, ou encore le colloque DIME-SHS de septembre 2018. Par ailleurs, on recense plus d’une cinquantaine de publications à propos d’ELIPSS (articles, ouvrages, parties d’ouvrages et rapports), aussi bien thématiques que méthodologiques. L’un des résultats phare du dispositif est la parution en mai 2021 d’un ouvrage consacré à ELIPSS : « Un panel français. L’Étude longitudinale par internet pour les sciences sociales (ELIPSS) ». Celui-ci mobilise à lui seul douze enquêtes réalisées dans le cadre du panel. En plus de ces résultats scientifiques salués par la communauté de recherche, le dispositif ELIPSS a permis de mettre en place au sein du Centre de Données Socio-Politiques une expertise très largement reconnue et sollicitée en production d’enquêtes et suivi d’un panel longitudinal.
La dernière consultation scientifique a été organisée en novembre 2019, afin de réaménager le questionnaire de l’enquête annuelle, enquête phare du dispositif visant à recueillir les informations socio-démographiques des panélistes. Plusieurs représentants des partenaires sociaux ont été invités à prendre part à cette consultation et nous ont fourni leurs observations.
Grâce à cette consultation, le questionnaire de l’enquête annuelle a été largement mis à jour en 2021, afin de mieux suivre les bonnes pratiques et de se conformer aux attentes des partenaires sociaux et besoins de la communauté de recherche. Ces échanges pourront être renouvelés à intervalles réguliers chaque fois que l’enquête devra être mise à jour.
Par ailleurs, l’équipe ELIPSS s’est chaque fois appuyée sur les commentaires et retours du Comité du label pour améliorer le panel et sa méthodologie.
Enfin, depuis 2020, la comitologie du panel ELIPSS repose sur le Comité scientifique et technique du CDSP. Celui-ci, qui représente l’accompagnement scientifique majeur du panel ELIPSS, propose un suivi des missions régulières du CDSP et vise tant à étoffer les expertises que peut mobiliser le CDSP qu’à asseoir la légitimation de ses choix.
Des partenariats ont été réalisés avec diverses institutions publiques, telles que Santé Publique France ou l’INSEE par exemple, avec la volonté dans le futur de poursuivre ces collaborations.
Par ailleurs, les utilisateurs du dispositif viennent d’institutions variées.
Depuis 2020, la comitologie du panel ELIPSS s’appuie sur celle du CDSP, en particulier son Comité scientifique et technique. Celui-ci, qui représente l’accompagnement scientifique majeur du panel ELIPSS, propose un suivi des missions régulières du CDSP et vise tant à étoffer les expertises que peut mobiliser le CDSP qu’à asseoir la légitimation de ses choix. Ainsi, le CST du CDSP a pour missions :
• de contribuer à la veille scientifique et technique devant permettre l’évolution régulière des techniques, savoirs-faire, et offres de services du CDSP ;
• de contribuer à étayer la pertinence des choix majeurs faits par le CDSP, que ce soit dans ses missions de documentation, de diffusion ou de production de données (réflexion sur les standards, certification, choix méthodologiques, etc.) ;
• de contribuer à l’évaluation des propositions de collaborations (collaborations sur des projets de recherche, dépôts de données, etc.) pour permettre la décision du Conseil du CDSP sur ces questions quand ce dernier souhaite se saisir d’un avis extérieur ;
• de contribuer à l’attractivité et au rayonnement de l’unité, en constituant des relais auprès des communautés techniques et de recherche, et en participant aux activités de valorisation de l’unité ;
• de contribuer à renforcer les liens avec les utilisateurs des services du CDSP.
La composition du CST au printemps 2022 est la suivante :
Gwennaëlle Brilhaut (Insee)
Joachim Dornbusch (DSI, EHESS)
Thomas Dubois (Insee)
Sophie Forcadell (Sciences Po DRIS)
Christophe Giraud (UP, Cerlis, professeur de sociologie)
Olivier Godechot (Sciences Po, OSC, directeur du MaxPo)
Cécile Lefèvre (UP Cerlis, professeure de sociologie)
Sébastien Oliveau (AMU, MCF géographie, Directeur de Progedo)
Thomas Merly-Alpa (Ined)
Anne Revillard (Sciences Po LIEPP-OSC, Ass. prof. en sociologie)
Jan Rovny (Sciences Po CEE, Ass. prof. science politique)
Benoît Tudoux (PUD Nanterre, IE, bureau de MATE-SHS)
Les différents volets de l’enquête annuelle, administrée chaque année, portent sur : les caractéristiques socio-démographiques de l’individu et du ménage, Travail et formation, Logement et quartier, Revenus et patrimoine, Sociabilité, Loisirs, Religion, Politique, Santé, Habitude de vie et Pratiques Numériques. Cette enquête collecte chaque année un ensemble d’informations socio-démographiques, actualisées après chaque interrogation ; une partie de ces variables est appariée aux jeux de données produits dans le cadre du panel.
Pour les autres enquêtes, les thèmes abordés seront ceux des projets qui seront retenus par l’équipe ELIPSS, avec la participation du conseil scientifique et technique du CDSP et des avis extérieurs complémentaires si cela est jugé nécessaire. Aucune thématique n’est a priori écartée et aucune démarche commerciale ne peut être associée au panel. L’appariement des informations du panel avec d’autres données extérieures (fiscales, santé, etc.) est exclu, au-delà des données disponibles dans la base de sondage.
La période de collecte prévue pour l’enquête de recrutement est de janvier à avril 2023. À la suite de l’inclusion dans le panel, les enquêtes sont administrées mensuellement (à l’exception du mois d’août).
Le mode de collecte est un questionnaire à remplir par Internet (Computer-Aided Web Interview) sur l’appareil du répondant. Depuis 2020, les panélistes répondent aux différentes enquêtes avec leur propre matériel via un lien personnel envoyé par e-mail.
Le CDSP, fort de l’expertise accumulée depuis 2012 assurera la collecte des données par Internet au cours de l’année. L’enquête de recrutement sera réalisée par un prestataire extérieur.
Malgré les contraintes certaines qu’engendre le dispositif prévu pour les panélistes, l’expérience ELIPSS montre que la constitution d’un panel de ce type est possible et qu’elle présente des garanties solides.
Pour les panélistes, la charge de 20 minutes en moyenne par mois de questionnaire dont le contenu n’est pas connu à l’avance et dont les thèmes sont très divers, est importante, sans compter que l’accumulation de données personnelles au fil du temps peut susciter des craintes. Par ailleurs, il est prévu de poser des questions sensibles sur les comportements politiques ou les opinions, par exemple. Pour minimiser autant que possible les biais de sélection et l’attrition, l’établissement d’une relation de confiance est fondamentale. Différentes méthodes pour limiter l’attrition seront en outre mises en œuvre. Sur la période 2012-2019, ces incitations et encouragements à la réponse étaient de quatre types : publication de synthèses grand public, don d’une tablette et d’un abonnement Internet 4G individuel, relances individuelles par courrier et téléphone. Depuis 2020, la tablette tactile et l’abonnement Internet mobile ne sont plus fournis aux panélistes. Ces derniers répondent aux différentes enquêtes avec leur propre matériel via un lien personnel envoyé par e-mail. Une compensation des panélistes, avec la distribution ponctuelle de chèques cadeaux, a été mise en place afin de minimiser le taux d’attrition du panel.
Afin d’alléger la charge des répondants, les questionnaires peuvent être complétés en plusieurs fois et sur des supports différents. Un tronc commun comportant les principales caractéristiques socio-démographiques sera administré annuellement pour éviter la répétition de ces questions à chaque enquête. Plusieurs relances sont prévues.
Par ailleurs, le rôle de gestionnaire du panel est indispensable dans le bon fonctionnement du dispositif.
Les gestionnaires du panel sont l’interface de communication auprès des panélistes pour – entre autres – faciliter l’intégration des personnes recrutées au sein du panel et répondre à toutes leurs questions, par mail ou via une permanence téléphonique tout au long de leur participation. Les gestionnaires de panel veillent aussi au suivi du terrain ainsi qu’aux relances (téléphoniques et courriers) des panélistes, afin d’optimiser les taux de réponses et participer à limiter l’attrition du panel.
Ces différents aspects ont permis d’atténuer les contraintes pour les enquêtés, et ainsi d’observer un faible niveau d’attrition couplé à des taux de réponses élevés. En mars 2019, une enquête auprès des panélistes sur leur participation à ELIPSS avait révélé que 95% étaient satisfaits ou très satisfaits du panel, et illustrent les rapports privilégiés des participants au panel.
Afin d’assurer la qualité de l’échantillon, ce dernier sera tiré au sein de la base Fidéli, qui a l’avantage d’être individuelle et donc de permettre de s’adresser directement à la personne figurant dans le fichier.
Par ailleurs, le plan de sondage prévoit un sur-échantillonnage des plus jeunes ; il s’agit par là de corriger certains biais du panel ainsi que pallier la difficulté de leur recrutement.
Des recrutements complémentaires afin de pallier l’attrition et assurer la représentativité transversale de l’échantillon sont envisagés tous les deux ans (sous réserve de disposer de financements suffisants). Enfin, un système de pondérations sera calculé afin de permettre des estimations, tant transversales que longitudinales.
| Type | Diffusé | Date prévue après milésime | Commentaires |
|---|---|---|---|
| Résultats statistiques | Non | Courant de l’année 2023 pour les premiers résultats. |