Avis du Cnis
Intérêt général Du 01/01/2023
au 31/12/2023
Date de l'avis : 12/05/2022
Organe d'avis : Commission Emploi, qualification et revenus du travail
Intérêt général
Dernier VISA délivré : 2023X011EC
Dernière mise à jour :
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Intérêt général Du 01/01/2023
au 31/12/2023
Date de l'avis : 12/05/2022
Organe d'avis : Commission Emploi, qualification et revenus du travail
Conformité Du 01/01/2023
au 31/12/2023
Date d'examen : 06/07/2022
Commission d’examen : Ménages
Obligation de réponse
Enquête internationale sur les compétences des adultes (PIAAC) (cycle 2)
SSM Travail - Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares)
SSM Éducation - Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp)
Périodicité Ponctuelle ou pluri-annuelle
Unité enquêtée Individu ou Ménages
Champ géographique France métropolitaine
Personnes âgées de 16 à 65 ans, vivant en logement ordinaire et certaines communautés (internats, résidences étudiantes, foyers de jeunes travailleurs, etc) hors prisons, communautés militaires et hôpitaux).
Oui
Obligatoire
L’enquête PIAAC a pour objectif de mesurer les compétences détenues par les personnes de 16 à 65 ans, et leur utilisation de ces compétences au quotidien et dans leur vie professionnelle.
Il s’agit principalement de mesurer le niveau de maîtrise et la distribution de certaines compétences des enquêtés pour faire face aux mutations du monde du travail et de la vie de tous les jours (notamment à travers l’angle de l’insertion sociale et économique)
L’enquête appréhende également l’influence croisée du système éducatif, du système de formation continue, des expériences professionnelles, des conditions de travail et du parcours personnel des personnes sur le développement de leurs compétences et sur l’usage qu’ils en font.
La comparaison entre les deux cycles de PIAAC permettra également d’analyser l’évolution des compétences au sein de la population française sur la dernière décennie, dans le but de mieux comprendre l’impact des mutations économiques et sociétales sur la maîtrise des savoirs.
PIAAC cycle 2 s’inscrit dans la lignée des enquêtes de mesure des compétences déjà évoquées dans la partie « Historique » de cette fiche (IVQ 2003, IVQ 2011, PIAAC cycle 1). Elle se concentre sur la mesure de la distribution des compétences, leur mobilisation dans un contexte professionnel, ainsi que la mesure des compétences conatives. Elle permet la réalisation de comparaisons internationales.
Elle complète le module compétence de FLV, enquête portant sur la France entière (alors que les Dom ne sont pas couverts par PIAAC) et se concentrant sur la mesure des faibles niveaux de compétences. Seule FLV permettra de fournir une mesure de l’illettrisme en France.
La France a participé à la première enquête internationale sur les compétences des adultes, International Adult Literacy Survey (IALS), organisée par un consortium composé de Statistique Canada et Educational Testing Service (ETS), puis coordonnée par l’Organisation de Coopération pour le Développement Économique (OCDE) sur une vingtaine de pays entre 1994 et 1999. Les conclusions, diffusées par l’OCDE, furent toutefois particulièrement surprenantes pour la France : 40 % des Français rencontraient des difficultés en lecture. Outre le problème délicat de la traduction et de l’inadaptation des exercices à certains contextes culturels, l’enquête IALS a été critiquée sur plusieurs aspects techniques : le plan de sondage, la codification des réponses, le recours fragile à une méthode de réponse à l’item, les conditions de passation et leur impact sur la motivation de la personne enquêtée. Au vu de ces problèmes, la France a préféré se retirer de l’enquête et a lancé son propre dispositif, l’enquête Information et Vie Quotidienne (IVQ).
L’OCDE, assistée de Statistique Canada et de ETS, a décidé de lancer en 1999 une autre enquête sur les compétences des adultes, Adult Literacy and Life Skills Survey (ALLS). Les principes de conception du questionnaire IALS ayant été repris à l’identique malgré les critiques adressées, la France a décidé de ne pas participer.
Souhaitant corriger les erreurs des enquêtes internationales passées et élargir le champ d’investigation à de nouveaux domaines de compétences, l’OCDE a initié sur 2004-2008 un cycle de réflexion sur la mise en œuvre d’un nouveau programme d’enquêtes, intitulé PIAAC. En janvier 2008, l’OCDE a officiellement initié le premier cycle du programme PIAAC et recruté un consortium d’entreprises, mené par ETS, assurant la conception technique et le suivi opérationnel du projet. La genèse de PIAAC a été suivie en France avec une attention toute particulière. Tout en constatant des avancées positives sur le protocole d’enquête PIAAC, il est apparu nécessaire de prévoir, en complément de l’opération internationale, la conduite d’une enquête nationale sur la base de l’enquête IVQ, pouvant servir d’étalon. La collecte des deux enquêtes a été réalisée en 2011-2012. En tout, 37 pays ont participé au premier cycle de PIAAC, au cours de 3 rounds d’enquêtes entre 2011 et 2018.
Les données du premier cycle de PIAAC ont donné lieu à de nombreuses exploitations, notamment en comparaison internationale, à la fois par l’OCDE, et des chercheurs nationaux et internationaux.
En particulier, l’OCDE a réalisé les travaux suivants :
L’ensemble des publications internationales de l’OCDE sont disponibles à cette adresse : https://www.oecd.org/fr/competences/piaac/publications.htm.
Par ailleurs, les données du Cycle I ont fait l’objet d’exploitation de la part de plusieurs chercheurs français et internationaux, notamment :
Les données ont également été exploitées plus particulièrement au niveau national par la Depp, l’Inseeet la Dares. Nous pouvons ainsi citer les publications suivantes :
De plus, des travaux français complémentaires sont en cours de réalisation auprès de la DARES et du centre de recherche Lille Economie Management (UMR 9221).
L’OCDE a ouvert un deuxième cycle début 2018. Le consortium d’entreprises mené par ETS a de nouveau été recruté par l’OCDE pour assurer la conception technique et le suivi opérationnel du projet. La France s’est engagée à participer à ce deuxième cycle. En mars 2016, l’Inspection Générale de l’Insee avait préconisé, au vu du coût cumulé des deux dispositifs et de la relative convergence des résultats, pour répondre à la double exigence de participation aux comparaisons internationales sur les compétences et, au plan national, de mesure des difficultés face à l’écrit, de se mettre en situation de participer au prochain cycle de PIAAC et de réduire IVQ à un module approprié, pouvant être adossé à une autre enquête. L’enquête PIAAC permet de mesurer un certain nombre de compétences et leur distribution, et de réaliser des comparaisons internationales au niveau de l’Union européenne et des pays membres de l’OCDE. De manière complémentaire, un module spécifique IVQ, centré sur la mesure de l’illettrisme, a été intégré à l’enquête Adult Eduction Survey (AES) (renommée désormais Formation tout au long de la vie, FLV), qui sera collectée fin 2022-début 2023. Ce module permettra de décrire la nature des difficultés des personnes se situant dans les niveaux les plus bas de maîtrise de l’écrit, afin de mieux identifier les problématiques d’exclusion sociale et de pauvreté rencontrées par cette population.
Dans ce cadre, un certain nombre de publications ont permis de comparer plus spécifiquement les résultats des enquêtes IVQ et PIAAC. Nous pouvons citer notamment :
Aucune
Le taux de réponse au 1er cycle de PIAAC a été de 67% en France, ce qui classe la France parmi les dix meilleurs pays. En revanche, les scores moyens de « numératie » et de « littératie » sont peu élevés pour la France, classée 3e en partant du bas de la distribution parmi les 23 pays participants au 1er round. La France est également marquée par un niveau élevé d’inégalités, selon les générations aussi bien que selon le niveau de formation ou l’origine sociale, et une faible valorisation des compétences relativement au diplôme sur le marché du travail. Comme dans les autres pays participants, on observe une baisse des compétences avec l’âge. La conduite d’un 2e cycle devrait permettre de distinguer l’effet de génération de l’effet de l’âge.
L’Insee tire de son expérience lors du 1er cycle des enseignements qui seront utiles pour le 2e cycle, notamment sur l’organisation et l’adaptation technique aux outils et standards de l’OCDE (voir rapport de l’Inspection Générale de l’Insee n° 216-24/DG75-B010 du 21 mars 2016 et Insee Analyse n°13 2013).
La préparation du cycle 2 a inclus la conduction d’un Pilote. Cette enquête Pilote a été notamment l’occasion d’évaluer l’impact des incitations financières sur la motivation des enquêtés. Les résultats de cette expérimentation montrent globalement un effet limité des incitations sur le taux et la qualité de la réponse. Cela peut s’expliquer en partie par le manque de puissance statistique, du fait des perturbations du protocole liées à l’épidémie de Covid19. Il est également probable que les incitations de type financier aient peu d’effet par rapport aux résultats de la littérature dans d’autres pays, le caractère obligatoire permettant déjà d’atteindre des taux de réponse élevés pour les enquêtes qui en bénéficient. Les analyses menées dans le cadre de ce dispositif ont donné lieu à un document de travail qui a été présenté au Journées de Méthodologie Statistique organisées par l’Insee en mars 2022. S’agissant d’une expérimentation spécifique à l’enquête pilote, les incitations financières ne seront plus proposées lors de l’enquête principale.
De plus, le pilote a confirmé l’acceptation de la passation 100% tablette pour l’ensemble des répondants.
Au niveau national, une réunion d’information a été réalisée en 2019 afin de présenter l’avancée des travaux et des nouveautés introduites dans la 2e édition de l’enquête PIAAC. Près de 200 organisations patronales, syndicats et associations y ont été conviés.
Une réunion de présentation des premiers résultats de l’enquête principale ainsi que du bilan de collecte sera organisée par la DARES au premier semestre 2025.
Par ailleurs, s’agissant d’une enquête internationale, une grande partie de la concertation est réalisée par l’OCDE, qui travaille avec la Commission Européenne, le TUAC (Trade Union Advisory Committee), et mobilise de nombreux groupes d’expert thématiques. Ainsi, les partenaires sociaux français peuvent intervenir directement auprès du TUAC s’ils souhaitent qu’il appuie leur point de vue au sein des instances de l’OCDE.
Co-maîtrise d’ouvrage nationale Dares-Depp, maîtrise d’ouvrage internationale par un consortium recruté par l’OCDE, et dirigé par ETS, maîtrise d’œuvre nationale réalisée par l’Insee.
Comitologie internationale pour PIAAC :
L’instance décisionnelle du programme PIAAC prend la forme d’un groupe international composé des représentants officiels de chaque pays participant : le Board of Participating Countries (BPC). Réuni pour la première fois en janvier 2008, le BPC se réunit chaque semestre pour déterminer les axes stratégiques du programme. Cela inclut la prise de décision concernant le protocole d’ensemble de l’enquête et la conduite du projet, les objectifs visés et l’utilisation qui sera faite des données, et les questions budgétaires et politiques liées au programme. Le BPC s’inscrit dans le programme de travail des commissions de l’OCDE relatives à l’Education et à l’Emploi (Education Policy Committee et Employment, Labour and Social Affairs Committee). La France est représentée par la Représentation Permanente, dont l’intervention est préparée via le Secrétariat Général aux Affaires Européennes (SGAE). La Dares siège au BPC.
Par ailleurs, les National project managers (NPM) se réunissent semestriellement pour effectuer le suivi opérationnel.
Comitologie nationale :
Un comité de pilotage du projet PIAAC regroupe la DEPP, la DARES et l’INSEE. Il se réunit tous les semestres environ pour examiner l’avancement du projet au niveau national et international et prendre les décisions stratégiques sur la mise en œuvre de l’enquête en France.
Un comité de suivi du projet PIAAC regroupe les coordinateurs techniques des instances précédemment citées (INSEE, DARES, DEPP). Il se réunit régulièrement pour traiter les questions opérationnelles et veiller au respect des échéances.
Un groupe d’exploitation sera mis en œuvre pour favoriser l’exploitation des données finales mises à disposition des chercheurs.
Le questionnaire de l’enquête PIAAC se compose de deux parties, l’une consacrée à la collecte d’informations sociodémographiques et biographiques sur la personne interrogée (parcours éducatif, activité professionnelle, enfance et famille, conditions de vie), l’autre consacrée à la mesure des compétences via des exercices de « littératie », de « numératie » et de résolution de problèmes.
Le 2e cycle reprend le module de « littératie » et actualise le cadre conceptuel d’analyse de la « numératie » afin de mieux prendre en compte dans ce concept l’imbrication croissante entre les activités cognitives et les technologies de l’information et de la communication.
L’enquête PIAAC documente également les compétences liées à la compréhension et à la résolution des problèmes. Il s’agit d’un nouveau module, déjà administré à titre expérimental par certains pays lors du 1er cycle, testé en France lors de l’enquête pilote. Ce module prend en compte le caractère souvent adaptatif de la résolution de problème dans un environnement technologique (les termes du problème évoluant au fur et à mesure de sa résolution, il est nécessaire de s’y adapter).
Le questionnaire du 2e cycle comprend un module dit « Components », testé lors du pilote, qui porte sur les faibles niveaux de compétences. Ce module propose des exercices adaptés aux personnes n’ayant pas les compétences suffisantes en « littératie » et en « numératie » pour réussir l’ensemble des épreuves du questionnaire. Cela permet de réduire la charge de l’enquête ainsi que d’éviter la frustration des répondants face à des questions non adaptées à leur niveau.
Enfin, le questionnaire contient, comme lors du 1er cycle, un module qui vise à mieux appréhender l’usage des compétences dans le cadre du travail (module JRA – Job Requirement Approach). Nouveauté du 2e cycle, le questionnaire mesure aussi les compétences « non cognitives » (aussi qualifiées de compétences « conatives » ou « sociales et émotionnelles »), via l’ajout d’une mesure des traits de personnalité (Big 5).
Février à avril 2023.
France métropolitaine ; volet d’une enquête internationale permettant des comparaisons entre pays.
La collecte est réalisée en partie face-à-face (Capi), en partie en auto-administrée, et la réponse indirecte par « proxy » est interdite.
Après un questionnaire biographique en face-à-face, la personne interrogée suit un tutoriel sur l’utilisation de la tablette, puis est amenée à répondre directement à des exercices sur la tablette.
INSEE (Institut national de la Statistique et des Études économiques) – Direction des Statistiques démographiques et sociales
Comme pour le 1er cycle, l’OCDE prévoit que le questionnaire PIAAC du 2e cycle ait une durée médiane de 1h45min, dont 45 minutes environ de questionnaire biographique en face à face, et 1h environ d’évaluation des compétences (exercices auto-administrés). Ces estimations ont été confirmées par l’enquête pilote.
Un module complémentaire, relatif à la personnalité de la personne interrogée est ajoutée à l’enquête principale (Big 5), après avoir été testé lors du pilote. Ce module n’a pas pour vocation d’être exploité en tant que tel, mais de fournir des variables de contrôle permettant de mieux appréhender les modes d’acquisition des compétences, le lien avec les études et l’apprentissage, etc.
Les grands principes du cycle 1 de PIAAC sont reconduits, à savoir un tirage à deux degrés d’individus au sein des unités primaires Nautile dans l’ensemble du champ couvert par l’enquête (logement ordinaire et certaines communautés comme les internats, les résidences étudiantes, foyers de jeunes travailleurs, etc en dehors des prisons, communautés militaires et hôpitaux).
| Type | Diffusé | Date prévue après milésime | Commentaires |
|---|---|---|---|
| Résultats statistiques | Non | Premier semestre 2025 pour les résultats internationaux. Courant 2025 pour les résultats nationaux. Au niveau international, l’OCDE produira des rapports de comparaison internationale, permettant de situer les compétences des adultes dans chaque pays participant à l’enquête et d’évaluer l’évolution de celles-ci sur la dernière décennie. Des documents de travail ainsi que des articles scientifiques seront également réalisés par les chercheurs de l’OCDE spécialisés dans l’analyse des compétences. Les thématiques de recherche porteront notamment sur le lien entre compétences et risques d’automation, l’égalité hommes-femmes en matière de compétences et de recours à la formation professionnelle, les priorités de formation continue pour les adultes. Au niveau national, un groupe d’exploitation des résultats de cette deuxième édition sera organisé par la Dares et la Depp, afin de rassembler les chercheurs travaillant sur la thématique des compétences dans plusieurs domaines de recherche (économie, sociologie, psychologie, etc.). A ce groupe de travail, d’autres institutions pourront être associées, notamment l’Institut des Politiques Publiques (IPP), ayant déjà travaillé sur les données du Cycle I et ayant récemment constitué une chaire « Education », ainsi que France Stratégie, qui produit régulièrement des rapports sur les métiers et les compétences. Les pistes de travail pour cette deuxième édition sont multiples : identification de l’effet âge et de l’effet génération sur l’évolution des compétences, le rôle des compétences dans l’identification des métiers en tension, l’impact des compétences sur les trajectoires professionnelles, le lien entre compétences et niveau de diplôme. Par ailleurs, la Dares réalisera des travaux spécifiques qui pourront donner lieu à une ou plusieurs publications, de type Dares Analyses et Dares Résultats. |
Dernière mise à jour :
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Intérêt général Du 01/01/2020
au 31/12/2021
Date de l'avis : 12/04/2019
Organe d'avis : Commission Emploi, qualification et revenus du travail
Conformité Du 01/01/2020
au 31/12/2021
Date d'examen : 20/11/2019
Commission d’examen : Ménages
Obligation de réponse
Enquête Évaluation des compétences des adultes (PIAAC)
SSM Travail - Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares)
SSM Éducation - Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp)
Périodicité Ponctuelle ou pluri-annuelle
Unité enquêtée Individu ou Ménages
Champ géographique France métropolitaine
Les unités enquêtées sont les adultes âgés de 16 à 65 ans, vivant en ménage ordinaire (résidences principales).
Oui
Obligatoire
L’évaluation des compétences sur une population adulte, telle qu’elle est conçue dans l’enquête PIAAC, vise à mettre l’accent sur l’usage de la lecture et du calcul dans les gestes courants de la vie personnelle et professionnelle. Il s’agit principalement d’examiner si les personnes interrogées ont un degré de maîtrise suffisant pour faire face aux mutations du monde du travail et de la vie quotidienne. Des analyses peuvent ensuite être conduites entre le niveau mesuré de compétences, les parcours familiaux et scolaires, l’insertion professionnelle et sociale.
Là où des évaluations scolaires se réfèrent souvent à des programmes en vigueur pour construire les épreuves, une enquête auprès des ménages s’affranchit des références strictement éducatives, et a recours aux concepts de « littératie » et de « numératie » pour désigner les compétences de lecture et de calcul mobilisées dans des situations de la vie courante.
Le projet PIAAC se fonde sur des tests informatisés. Il met en situation les personnes enquêtées sur des supports numériques (site internet, message électronique, tableur, etc.). Les concepteurs évoquent ainsi le concept de littératie numérique (literacy in the information age).
Le 2e cycle actualise le cadre conceptuel d’analyse de la « numératie » afin de mieux prendre en compte dans ce concept l’imbrication croissante entre les activités cognitives et les technologies de l’information et de la communication.
L’enquête PIAAC renseigne également sur des compétences liées à la compréhension et à la résolution des problèmes. La France n’avait pas conduit ce volet encore expérimental de l’évaluation lors du 1er cycle. Pour le 2e cycle, elle testera ce volet lors de l’enquête pilote, et choisira à l’issue du pilote si elle souhaite l’administrer dans l’enquête principale. Comme pour la « numératie », le cadre conceptuel d’analyse a été rénové pour le 2e cycle de PIAAC : il prend désormais en compte le caractère souvent adaptatif de la résolution de problème dans un environnement technologique (les termes du problème évoluant au fur et à mesure de sa résolution, il est nécessaire de s’y adapter).
Pour le 2e cycle, la France testera également lors de l’enquête pilote le module Components, qui porte sur les bas niveaux de compétences, et choisira à l’issue du pilote si elle souhaite l’administrer dans l’enquête principale.
Enfin, un module de l’enquête PIAAC vise à mieux appréhender l’usage des compétences sur le lieu de travail (module JRA – Job Requirement Approach) et, nouveauté du cycle 2, une mesure des compétences « non cognitives » (plus positivement qualifiées de compétences « conatives » ou « sociales et émotionnelles ») est aussi prévue (de manière optionnelle pour les pays) via l’ajout d’une mesure des traits de personnalité (Big 5).
L’enquête pilote du cycle 2 de PIAAC sera par ailleurs l’occasion d’évaluer l’impact des incitations financières sur la réponse (taux, qualité). La France a souhaité conduire cette étude sur les incitations dont le protocole est en discussion avec l’OCDE et le consortium. En effet, la motivation est un facteur important influant sur le score de compétences des personnes interrogées. Plusieurs facteurs peuvent jouer sur la motivation des individus (durée du questionnaire, conditions de passation, incitations financières ou non financières à la réponse…). En France, les résultats du premier cycle en « numératie » et « littératie » sont très en dessous de la moyenne de l’OCDE. Ces mauvais résultats pourraient-ils en partie s’expliquer par des différences dans la stratégie appliquée pour motiver les individus interrogés, notamment via des incitations ? L’OCDE laisse chaque pays délivrer les incitations qu’il souhaite pour encourager la réponse. La France fait partie des rares pays ne délivrant pas d’incitations financières. L’objectif est donc d’étudier l’impact des incitations afin de déterminer s’il est susceptible d’introduire un biais dans les scores de compétences par rapport aux autres pays ou selon le profil des répondants.
Le projet PIAAC s’inscrit dans un programme d’enquêtes récurrentes, afin de suivre les évolutions structurelles sur la distribution des compétences des adultes. Le cycle 2 de l’enquête PIAAC s’ajoute à une lignée d’enquêtes traitant des mêmes problématiques (IVQ 2003, IVQ 2011, PIAAC cycle 1), et développe de nouvelles mesures de compétences (résolution adaptative de problèmes, traits de personnalité, maîtrise de l’informatique…). A mi-chemin entre l’enquête emploi et l’enquête AES (Adult Education Survey, ou enquête Formation des adultes), dans la partie « biographique » de son questionnaire, l’enquête PIAAC est d’une grande originalité du fait de l’évaluation directe des compétences, et des modules JRA – Job Requirement Approach et Big 5. Contrairement à IVQ, elle permet des comparaisons au niveau international.
Pour son deuxième cycle, l’enquête PIAAC prend de l’importance dans le contexte français, dans la mesure où l’enquête IVQ ne sera pas reconduite en tant que telle. Si les recommandations formulées par l’Inspection Générale de l’Insee sont suivies, des exercices IVQ pourraient être ajoutés à la prochaine enquête AES, sous forme de module complémentaire. Ces exercices seraient d’avantage centrés sur la mesure des bas niveaux de compétences, afin de fournir une mesure de l’illettrisme, notamment dans les DOM (non couverts par PIAAC). L’enquête PIAAC comporte également un module destiné à mesurer les bas niveaux de compétences en « littératie » et « numératie » : les Components. Ce module est optionnel pour les pays. En attendant de plus amples informations sur le devenir d’IVQ, et afin d’en tester l’intérêt, la France a décidé d’administrer ce module lors de l’enquête pilote. Elle décidera par la suite si elle souhaite le conserver pour l’enquête principale.
L’enquête PIAAC permet des comparaisons internationales au niveau de l’Union Européenne et des pays membres de l’OCDE. L’enquête pilote est un moyen de développer notre expertise sur la méthodologie de PIAAC, et de préparer l’enquête principale.
L’enquête PIAAC auprès des individus s’inscrit par ailleurs dans un programme plus large, qui comportera également un module de questions à destination des employeurs, adossé à l’enquête européenne CVTS (Continuing Vocational Training Survey) conduite en France par le Céreq.
La France a participé à la première enquête internationale sur les compétences des adultes, International Adult Literacy Survey (IALS), organisée par Statistique Canada et ETS – Educational Testing Service -, organisation à but non lucratif basée aux Etats-Unis, spécialisée dans le développement de tests standardisés qui regroupe des équipes d’experts de l’éducation, de chercheurs et de développeurs d’évaluations. IALS a été coordonnée par l’Organisation de Coopération pour le Développement Economique (OCDE) sur une vingtaine de pays entre 1994 et 1999.
Les conclusions, diffusées par l’OCDE, furent toutefois particulièrement surprenantes pour la France : 40 % des Français entraient dans la catégorie des plus mauvais lecteurs. Outre le problème délicat de la traduction et de l’inadaptation des exercices à certains contextes culturels, l’enquête IALS a été critiquée sur plusieurs aspects techniques : le plan de sondage, la codification des réponses, le recours fragile à une méthode de réponse à l’item, les conditions de passation et leur impact sur la motivation de la personne enquêtée. Au vu de ces problèmes, la France a préféré se retirer de l’enquête et a lancé son propre dispositif, l’enquête Information et Vie Quotidienne (IVQ).
L’OCDE, assistée de Statistique Canada et de ETS, a décidé de lancer en 1999 une autre enquête sur les compétences des adultes, Adult Literacy and Life Skills Survey (ALLS). Les principes de conception du questionnaire IALS ayant été repris à l’identique malgré les critiques adressées, la France a décidé de ne pas participer.
Souhaitant corriger les erreurs des enquêtes internationales passées et élargir le champ d’investigation à de nouveaux domaines de compétences, l’OCDE a initié sur 2004-2008 un cycle de réflexion sur la mise en œuvre d’un nouveau programme d’enquêtes, intitulé PIAAC. En janvier 2008, l’OCDE a officiellement initié le premier cycle du programme PIAAC et recruté le consortium d’entreprises, mené par ETS, assurant la conception technique et le suivi opérationnel du projet.
La genèse de PIAAC a été suivie en France avec une attention toute particulière. Tout en constatant des avancées positives sur le protocole d’enquête PIAAC, il est apparu nécessaire de prévoir, en complément de l’opération internationale, la conduite d’une enquête nationale sur la base d’IVQ, pouvant servir d’étalon. La collecte des deux enquêtes a été réalisée en 2011-2012.
En tout, 37 pays ont participé au premier cycle de PIAAC, au cours de 3 rounds d’enquêtes de 2011 à 2018. Les données du premier cycle de PIAAC ont donné lieu à de nombreuses exploitations, notamment en comparaison internationale, à la fois par l’OCDE, et des chercheurs nationaux et internationaux. Les données ont aussi été exploitées plus particulièrement au niveau national par l’OCDE, l’Insee et la Dares.
En mars 2016, l’Inspection Générale de l’Insee a conclu, au vu du coût cumulé des deux dispositifs et de la relative convergence des résultats, qu’il n’était pas opportun de reconduire la collecte conjointe de PIAAC et IVQ. L’enquête PIAAC est privilégiée du fait de son intérêt en termes de comparaison internationale. La possibilité de reprendre IVQ sous une forme allégée, en se centrant sur la mesure de l’illettrisme a été avancée, et est actuellement encore en discussion.
Suite au succès du premier cycle de PIAAC, l’OCDE a ouvert un deuxième cycle début 2018. Le consortium d’entreprises mené par ETS a de nouveau été recruté par l’OCDE pour assurer la conception technique et le suivi opérationnel du projet. La France s’est engagée à participer à ce deuxième cycle.
Aucune
Le taux de réponse au 1er cycle de PIAAC a été de 67% en France, ce qui classe la France parmi les 10 meilleurs pays. En revanche les scores moyens de « numératie » et de « littératie » sont peu élevés pour la France, classée 3e en partant du bas de la distribution parmi les 23 pays participants au 1er round. La France est également marquée par un niveau élevé d’inégalités, selon les générations aussi bien que selon la formation ou l’origine sociale, et une faible valorisation des compétences relativement au diplôme sur le marché du travail. Comme dans les autres pays participants, on observe une baisse des compétences avec l’âge. La conduite d’un 2e cycle devrait permettre de distinguer l’effet de génération de l’effet de l’âge.
Le premier cycle de PIAAC a été marqué par la conduite en parallèle de PIAAC et IVQ en France, situation qui ne sera pas reconduite au 2e cycle. L’Insee tire de son expérience lors du 1er cycle des enseignements qui seront utiles pour le 2e cycle, notamment sur l’organisation et l’adaptation technique aux outils et standards de l’OCDE (voir rapport de l’Inspection Générale de l’Insee n° 216-24/DG75-B010 du 21 mars 2016).
Pas de consultation au niveau national. Au niveau international, l’OCDE travaille avec la Commission Européenne et le TUAC (Trade Union Advisory Committee), et mobilise de nombreux groupes d’expert thématiques.
Co-maîtrise d’ouvrage nationale Dares-Depp, maîtrise d’ouvrage internationale par un consortium recruté par l’OCDE, et dirigé par ETS.
Comitologie internationale pour PIAAC :
L’instance décisionnelle du programme PIAAC prend la forme d’un groupe international composé des représentants officiels de chaque pays participant : le Board of Participating Countries (BPC). Etabli pour la première fois en janvier 2008, le BPC se réunit chaque semestre pour déterminer les axes stratégiques du programme. Cela inclut la prise de décision concernant le protocole d’ensemble de l’enquête et la conduite du projet, les objectifs visés et l’utilisation qui sera faite des données, et les questions budgétaires et politiques liées au programme. Le BPC s’inscrit dans le programme de travail des commissions de l’OCDE relatives à l’Education et à l’Emploi (Education Policy Committee et Employment, Labour and Social Affairs Committee). La France est représentée par la Représentation Permanente, dont l’intervention est préparée via le Secrétariat Général aux Affaires Européennes (SGAE). La Dares siège au BPC.
Comitologie nationale :
Un comité de pilotage du projet PIAAC regroupe la DEPP, la DARES et l’INSEE. Il se réunit tous les semestres pour examiner l’avancement du projet au niveau national et international et prendre les décisions stratégiques sur la mise en oeuvre de l’enquête en France.
Un comité de suivi du projet PIAAC regroupe les coordinateurs techniques des instances précédemment citées (INSEE, DARES, DEPP). Il se réunit chaque mois pour traiter les questions opérationnelles et veiller au respect des échéances.
Un groupe d’exploitation sera mis en œuvre pour favoriser l’exploitation des données finales mises à disposition des chercheurs.
L’enquête PIAAC se compose de deux parties, l’une consacrée à la collecte d’informations socio-démographiques et biographiques sur la personne interrogée (parcours éducatif, activité professionnelle, enfance et famille, conditions de vie), l’autre consacrée à la mesure des compétences via des exercices de « littératie », de « numératie » et de résolution de problèmes. Un module d’exercices porte plus spécifiquement sur les bas niveaux de compétences en « littératie » et « numératie » (module Components). Les exercices de résolution de problèmes et les Components sont optionnels pour les pays : la France décidera si elle souhaite les administrer dans l’enquête principale à l’issue de l’enquête pilote.
L’enquête PIAAC comporte en outre un module relatif à l’usage des compétences sur le lieu de travail et dans la vie privée (lecture, écriture, calcul et usage de l’informatique), ainsi qu’un module sur les traits de personnalité (Big 5) dans l’enquête pilote, que la France décidera de conserver ou non dans l’enquête principale.
Le pilote sera collecté d’avril à juillet 2020. L’enquête principale de septembre à décembre 2021.
France métropolitaine, volet d’une enquête internationale permettant des comparaisons entre pays.
La collecte est réalisée en partie en face-à-face (Capi), en partie en auto-administrée, et la réponse indirecte par « proxy » est interdite.
Après un questionnaire biographique en face à face, la personne interrogée suit un tutoriel sur l’utilisation de la tablette, puis est amenée à répondre directement à des exercices sur la tablette.
Insee
Comme pour le 1er cycle, l’OCDE prévoit que le questionnaire PIAAC du 2e cycle ait une durée médiane de 1h45min, dont 45 minutes environ de questionnaire biographique en face à face, et 1h environ d’évaluation des compétences (exercices auto-adminitrés).
La durée de passation en France est légèrement supérieure, pour des raisons linguistiques (le français étant moins concis que l’anglais).
Un module « expérimental », relatif à la personnalité de la personne interrogée est ajoutée à l’enquête pilote (Big 5). Ce module n’a pas pour vocation d’être exploité en tant que tel, mais doit délivrer des variables de contrôle permettant de mieux appréhender les modes d’acquisition des compétences, le lien avec les études et l’apprentissage, etc. A l’issue de l’enquête pilote, la France décidera de conserver l’ensemble des 5 dimensions, ou de n’en conserver que les deux sélectionnées par le consortium.
Plusieurs questions portent spécifiquement sur les langues parlées par la personne interrogée (dans l’enfance, à la maison…).
En dehors de ces éléments, le questionnaire PIAAC ne pose pas de questions sensibles.
Les grands principes du cycle 1 de PIAAC sont reconduits, à savoir un tirage à deux degrés d’individus au sein des unités primaires Nautile dans l’ensemble du champ couvert par l’enquête (y compris certaines communautés comme les internats, les résidences étudiantes, foyers de jeunes travailleurs, etc en dehors des prisons, communautés militaires et hôpitaux).
Pour l’enquête pilote, l’échantillon sera divisé aléatoirement en sous-groupes auxquels seront proposés différents niveaux d’incitations à la réponse.
La taille de l’échantillon pour le pilote est de 4 000 individus et d’environ 11 000 pour l’enquête principale.
| Type | Diffusé | Date prévue après milésime | Commentaires |
|---|---|---|---|
| Résultats statistiques | Non | Deuxième semestre 2023 pour les résultats internationaux. |